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La littérature du Moyen Âge, terre souvent méconnue de notre passé, est ici exposée dans un manuel accessible à tous. Ce manuel permet ainsi de faire découvrir au néophyte, à l’amateur éclairé ou à l’étudiant en lettres tout un pan de la littérature française.
L'ouvrage
La littérature du Moyen Âge naît avec le français lui-même. Mais existe-t-il une littérature à une époque où ce mot a un sens très éloigné du nôtre ? Peut-on réunir sous le nom de littérature française les littératures de langue d’oc et de langue d’oïl ? Ces questions et bien d’autres sont abordées dans ce manuel qui, non seulement expose clairement les faits et présente les textes, mais propose également une réflexion pour donner au lecteur le désir d’aborder directement les œuvres.
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Le plan simple de l’ouvrage,qui recense pour chaque époque les topoï critiques, peut aussi rafraîchir la mémoire de plus d’un médiéviste. Des bases claires, religieuses et politiques, sont posées en relation au fait littéraire, comme des jalons nécessaires à la compréhension de cette immense période qui va de la chute de l’Empire romain à la Renaissance. L’organisation de l’ouvrage est chronologique. Partant des origines, de l’éclatement du latin et de la naissance des langues romanes, et aboutissant à la découverte de l’imprimerie, qui sonne le glas du Moyen Âge, Michel Zink trace patiemment la direction des courants et des genres littéraires, corrige des clichés dont est tributaire notre regard moderne, remet en perspective des faits connus. L’histoire littéraire est problématisée : Michel Zink nous montre les lignes de tension qui structurent la littérature de cette époque. L’opposition entre la culture de l’écrit et celle de l’oral, entre le clerc et le jongleur, entre l’évolution du latin et le développement du français, entre langue d’oc et langue d’oïl, entre l’inspiration profane et l’influence de l’Église, entre les genres eux-mêmes nous donne une image vivante de cette littérature et des conflits qui l’animent. L’analyse de la poésie des troubadours, par exemple, est mise en relation avec les fabliaux. Aux uns de filer le thème de l’amour idéal entre un chevalier et sa dame, aux autres de répondre par des fables obscènes et scabreuses, tel un contrepoids réaliste. Ainsi se trouvent éclairés des faits capitaux de l’histoire littéraire : la poésie des troubadours, la chanson de geste, la naissance du roman, le rôle de l’université, créée à cette époque. L’ouvrage se lit comme un roman. La prose aérée de Michel Zink, sa prudence et sa pondération tout humanistes nous livrent les clés d’un Moyen Âge souvent mystérieux ou rebutant. Il nous montre la recherche d’un certain équilibre, entre le cœur et l’esprit, qui travaille toute la littérature médiévale. Il remet en perspective le culte romantique d’un Moyen Âge monarchique et chrétien, et des illusions optiques qui l’accompagnent. Le culte du génie et de l’inspiration n’est pas une réalité de la conscience médiévale. C’est une partie de son « inquiétante étrangeté », à d’autres égards bien plus moderne qu’on ne le croit. En dévoilant cette terre souvent mal connue, Michel Zink nous permet de mieux comprendre notre histoire littéraire. Il invite ainsi au plaisir et à la connaissance de soi.
(D. Berthezène)
Table des matières
Première partie : Naissance d'une langue , genèse d'une littérature
1 -- Les conditions d'une genèse 2 -- Les premiers textes 3 -- En marge des lettres françaises, les formes du savoir et la parole de Dieu
Deuxième partie : L'épanouissement
4 -- Les chansons de geste 5 -- Troubadours et trouvères 6 -- Le roman
Troisième partie : La constitution d'une littérature
7 -- Naissance de la prose, roman et chronique 8 -- La dramatisation et le rire 9 -- L'allégorie 10 -- Destin des lettres d'oc
Quatrième partie : La fin du Moyen Âge
11 -- La poésie au XIVe et au XVe siècle 12 -- Les formes de la réflexion, témoigner, juger, savoir 13 -- Les formes de la représentation
En guise de conclusion -- Bibliographie -- Chronologie -- Index
MICHEL ZINK Né en 1945, ancien élève de l'Ecole normale supérieure (1964), agrégé de lettres classiques (1967), docteur ès lettres (1975), Michel Zink est professeur au Collège de France (chaire de littératures de la France médiévale) et membre de l'Institut (Académie des inscriptions et belles-lettres).
Professeur invité dans de nombreuses universités américaines, européennes et japonaises. Membre de l'American Academy of Arts and Sciences et de la Medieval Academy of America.
Chevalier de la Légion d'honneur, officier des Palmes académiques.
Outre des ouvrages universitaires et littéraires sur le Moyen Age, il a écrit des romans ("Arsène Lupin et le mystère d'Arsonval", Editions de Fallois, 2004, "Un portefeuille toulousain", Editions de Fallois, 2007). |